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Hope For Gabriel

Association de soutien aux enfants atteints de bronchiolite oblitérante

Présentation et Histoire

Hope for Gabriel est une association née de l’histoire de notre fils, Gabriel.

Né le 6 avril 2025 en pleine santé, Gabriel a été hospitalisé à l’âge de 3 semaines pour une bronchiolite.

Au cours de son hospitalisation au Brésil, il a contracté plusieurs infections nosocomiales et a traversé une épreuve médicale majeure.

Après 5 mois d’hôpital, il a pu sortir avec un diagnostic de bronchiolite oblitérante post-infectieuse, une maladie chronique rare qui touche les petites voies respiratoires.

Cette association a pour objectif d’informer, de soutenir les familles concernées et de faire connaître cette maladie encore trop méconnue.

Le site permet de partager tout cela. Il est géré par Johann, le papa de Gabriel.

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Hello, ici le Papa de Gabriel !

Sur ce site, je partage régulièrement son évolution, nos combats, nos victoires et des idées que j’aimerais lui transmettre quand il sera plus grand.

Ces textes sont mes lettres pour lui du futur, et pour tous ceux qui nous accompagnent dans cette aventure.

J’appelle cela les “Mémoires du papa d’un héros » :

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Heure à Fortaleza (Brésil) : 17:06:17
Dernières modifications : 11/04/2026 16:54:32

11/04/2026

Bonjour fiston,

Quelques petites nouvelles !

Défi de la nourriture, encore et toujours

Ces derniers jours, il est devenu très compliqué de te donner à manger. Ça n’a jamais été aussi difficile. Tu refuses les cuillères et même l’eau !

J’ai tenté un biberon de lait, ça faisait 11 mois que tu n’en avais pas eu, donc tu ne savais pas forcément comment ça fonctionne. Mais maintenant, tu n’en veux plus non plus…

Ce matin, j’ai réussi à te nourrir à la cuillère, et la nounou a réussi tant bien que mal à te donner un peu de nourriture. Il faut la mélanger avec beaucoup d’eau.

Il est évident qu’à force de vouloir te donner les calories dont tu as besoin, environ 1 200 par jour, à cause de ta maladie qui t’en fait consommer davantage qu’un enfant normal, tu commences à développer de forts problèmes comportementaux vis-à-vis de la nourriture.

Ce n’est pas bon, mais c’est très compliqué !

D’un côté, tu dois manger plus de calories qu’un enfant normal. De l’autre, tu souffres de reflux importants à cause de ta maladie, qui créent des brûlures d’estomac et t’empêchent de manger.

C’est vraiment complexe.

Ta maman et moi nous sommes donné jusqu’à la fin du mois pour voir comment ça évolue. On ne veut plus te forcer.

Au pire, on t’emmènera à l’hôpital pour te poser une sonde. Au mieux, ça se passe bien. Pour le long terme, la gastrostomie est toujours envisagée, et ça commence à nous faire moins peur.

On se dit que c’est peut-être mieux ainsi, pour que tu puisses enfin découvrir de nouveaux aliments et apprendre à manger avec plaisir. C’est triste, mais c’est notre réalité.

Participation au colloque de l’AFPIE

Aujourd’hui, j’ai participé à un colloque de l’AFPIE, une association française créée par YAËLLE une mère d’un enfant atteint d’une maladie pulmonaire aussi. Objectif accompgné les parents dans cette aventure.

Ça a commencé à 4h45 du matin, tu t’es réveillé à 4h30, et on a assisté au début ensemble !

C’est une association qui aide les enfants atteints de pneumopathies interstitielles. Ce n’est pas exactement ton cas, mais il y a un lien pulmonaire. Il y a eu de nombreux témoignages, notamment sur la transition de l’enfance vers l’âge adulte, du pédiatre au médecin. Des parents ont pris la parole, mais aussi des jeunes adultes.

Pour la première fois depuis 1 an, j’avais l’impression de ne plus être un alien.
Aujourd’hui, quand on parle de ce qui t’arrive, personne de non médical (et même parfois médical) ne comprend vraiment ta maladie, car elle est rare. Et j’ai l’impression qu’on fait chier tout le monde. (ce qui doit être le cas et je le comprends).

Là, au contraire, je me suis senti compris.
Et en plus, c’était en français, donc après un an à n’entendre que du portugais et un « graças a Deus » à chaque phrase, ça m’a vraiment fait du bien au moral !

Ce qui m’a particulièrement touché, c’était le témoignage des jeunes. L’importance de t’éduquer sur ta maladie, de te donner les clés pour être autonome, et de t’aider à l’accepter.

Une jeune fille racontait que son petit ami lui avait dit qu’elle avait un handicap, et elle l’avait très mal pris. D’une certaine façon, c’en est un.

La même disait qu’elle voyageait beaucoup et avait déjà été refusée à l’embarquement par des compagnies aériennes car elle avait son appareil d’oxygène. Elle a du faire un papier pour dire qu’elle prennait la responsabilité de mourrir. Lunaire.
J’aimais bien son état d’esprit : « si tu ne forces pas, t’as rien. » J’espère que tu seras comme ça.
J’espère qu’on arrivera à t’enseigner cette force, cette résilience, et en même temps cette bienveillance et cette empathie.

J’ai eu l’occasion de présenter ce qui s’est passé pour toi et l’association HopeForGabriel, le projet BOCommunity.org et le projet de papi LesColsDuSouffle.com. D’ailleurs, j’ai ajouté une partie forum hier sur BoCommunity, où les parents du monde entier peuvent poser leurs questions et elles sont traduites automatiquement dans toutes les langues.

Leur association semblent aussi avoir des besoins d’aide en web en interne et je vais peut-être pouvoir accompagner leur webmaster sur ce point.

Je suis content d’avoir adhéré à leur association, ça me donne un pied supplémentaire en France pour poursuivre tout ça, et ça ouvre le réseau et les chances de trouver des solutions.

La nounou repart à Fortaleza pour une petite période, et on va se retrouver tous les 3 avec ta maman. Je suis super content ! J’aime qu’on soit que tous les 3. J’ai l’impression qu’on est une famille normale.

Je sais qu’un grand défi nous attend sur la nourriture, mais j’ai espoir qu’avec beaucoup d’amour, tu trouves ton chemin et puis si tu le trouves pas tout seul, on trouvera des solutions.

D’ailleurs la présidente de l’association se lance en tant que consultante pour les enfants comme toi, qui ont des problèmes pulmonaires et des difficultés à manger. C’est très lié. J’ai déjà envoyé un message pour la consulter. Toutes les aides sont bonnes à prendre. On lâche rien. On avance !

Je t’aime ma petite patate.

Papa

09/04/2026

Bonjour fiston,

Un point complet sur l’évolution.

Poumons

Hier, tu as passé un scanner des poumons.

On est allés à Acaraú, dans une nouvelle clinique privée, au top !

Du matériel tout neuf, presque personne, du personnel compétent. On a juste dû insister pour que certains portent un masque, parce que là-dessus, on ne plaisante pas. Mais à part ça, tout s’est très bien passé.

Ils t’ont légèrement endormi, tu étais un peu dans les vapes, et on a récupéré les images.

Maintenant, on attend le compte rendu officiel du médecin.

On commence à comprendre certaines choses en regardant les images, mais on n’est pas des professionnels. Donc on attend un vrai diagnostic…

Ce qui est sûr, c’est qu’on voit les séquelles. Tes poumons ont été touchés.

Mais cliniquement tu sembles compenser.

Tout ce qu’on met en place depuis des mois fonctionne. La kiné deux fois par jour, les exercices, les machines, les médicaments, toute cette discipline… ça semble payer.

Gloire à l’action !

Tu respires de plus en plus souvent sans oxygène, parfois toute la journée.

L’objectif maintenant est simple. Continuer. Protéger.

Tes poumons peuvent continuer à se développer jusqu’à environ 8 ans.

Donc on joue sur le long terme.

Et s’il faut vivre enfermés, contrôler chaque entrée, éviter chaque virus, alors on le fera. Sans hésiter.

On s’adaptera. On créera notre propre monde.

Nourriture

Là, c’est plus compliqué.

C’est dur. Et je pense qu’on a une part de responsabilité.

On a délégué cette partie, et on a perdu le contrôle.

Aujourd’hui, c’est même ce qui m’inquiète le plus.

Depuis plusieurs jours, je n’arrive plus à te donner à manger le matin.

C’était le seul repas que je te donnais, le reste c’est la nounou. Et ta maman quand la nounou n’est pas là.

Avant, c’était difficile mais possible. Maintenant, c’est bloqué. Tu refuses, tu fermes la bouche.

La nounou arrive à te faire manger. Elle fait vraiment de son mieux.

Mais il n’y a plus de plaisir. Tu manges distrait, en regardant ailleurs. Il faut faire du bruit partout pour t’ouvrir la bouche et t’enfiler la cuillère. Malgré tous les médicaments que tu dois ingurgiter pour les reflux (esio, domperidone, sucrafilm, famox, luftal).

Ce n’est plus naturel. Et la situation se dégrade.

Ça me dérange profondément.

Parce que manger doit rester un plaisir, pas une lutte.

Sinon, tu risques de développer un rapport compliqué à la nourriture.

Et surtout, tu en as besoin. Pour grandir, récupérer, aider tes poumons à se développer.

Aujourd’hui, j’ai décidé de reprendre la main.

Je vais tester, comprendre, ajuster.

Et si on n’y arrive pas, on a un plan B. La GTT.

Il faut qu’on vise le long terme et qu’on fasse face à ce problème qui nous fait peur.

On ne veut pas en arriver là. Mais on ne laissera pas la situation empirer.

On prévoit aussi un retour à Fortaleza pour faire un examen de ton oesophage avec une caméra.

Les dons

Comme chaque mois, j’ai fait le bilan.

Et honnêtement, merci. Merci à tous ceux qui nous soutiennent.

Parce que les coûts restent très élevés.

Le mois dernier, plus de 30 000 reais (environ 5 000 euros).

On pensait qu’en rentrant à la maison, ça s’allégerait.

En réalité, on a dû tout recréer.

Acheter du matériel, consulter de nouveaux spécialistes, faire des examens, anticiper la fin de certaines aides (car ce « n’est pas dans la zone »).

Mais on ne subit pas.

Avec ta maman, on agit.

On cherche des solutions.

Et ça commence à bouger.

La préfecture nous aide beaucoup.

Et pour réduire les coûts, on a deux pistes sérieuses, une en France, une au Brésil. Mais l’administratif, c’est lent…

Si ça se débloque, on pourra respirer aussi financièrement.

Et peut-être même se libérer du grand méchant…

Et là, on changera de posture. Parce que « paizinho » n’oublie pas 😉

Le reste

Tu sais fiston, je le disais déjà avant même que tu arrives,

la vie est un chaos permanent.

Tu as déjà de la chance si tu nais au bon endroit…

Et ensuite, il y a tellement de variables, tellement d’imprévus…

Ce n’est pas simple tous les jours.

Alors tu as 2 choix.
T’allonger et subir.
Ou avancer, agir, malgré les obstacles.

Je ne supporte plus d’entendre que tu es venu nous apprendre quelque chose, ou que tout serait écrit à l’avance.

Qu’ils aillent dire ça aux parents qui ont vu leur enfant mourir en réanimation. Ils verront ce que ça vaut.

L’action, c’est la seule chose qui permet d’avancer.

Le reste, c’est du soutien à l’action.

Mais ça, personne ne va te l’apprendre.

Tu le sais déjà. Tu le vis. Tu nous le montres chaque jour.

On est fiers de toi.

Fiers de nous aussi, quelque part. Parce qu’on tient.

Et surtout, on est profondément heureux de te voir respirer sans ces fichus tubes.

Je t’embrasse, ma petite patate.

Je t’aime.

Papa.

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