Hope For Gabriel
Association de soutien aux enfants atteints de bronchiolite oblitérante
Présentation et Histoire
Hope for Gabriel est une association née de l’histoire de notre fils, Gabriel.
Né le 6 avril 2025 en pleine santé, Gabriel a été hospitalisé à l’âge de 3 semaines pour une bronchiolite.
Au cours de son hospitalisation au Brésil, il a contracté plusieurs infections nosocomiales et a traversé une épreuve médicale majeure.
Après 5 mois d’hôpital, il a pu sortir avec un diagnostic de bronchiolite oblitérante post-infectieuse, une maladie chronique rare qui touche les petites voies respiratoires.
Cette association a pour objectif d’informer, de soutenir les familles concernées et de faire connaître cette maladie encore trop méconnue.
Le site permet de partager tout cela. Il est géré par Johann, le papa de Gabriel.
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Blog
Hello, ici le Papa de Gabriel !
Sur ce site, je partage régulièrement son évolution, nos combats, nos victoires et des idées que j’aimerais lui transmettre quand il sera plus grand.
Ces textes sont mes lettres pour lui du futur, et pour tous ceux qui nous accompagnent dans cette aventure.
J’appelle cela les “Mémoires du papa d’un héros » :
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Heure à Fortaleza (Brésil) : 13:08:29
Dernières modifications : 21/05/2026 10:45:51
21/05/2026
Bonjour Fiston,
Des petites nouvelles.
On va commencer par le classique : la nourriture
Je crois que cette fois, on a vraiment compris comment tu fonctionnes et on arrive de plus en plus à te faire prendre du poids. En tout cas, sur les dernières semaines, tu es en croissance permanente. Tu faisais 8,37 kg ce lundi et je pense même que tu as encore grossi depuis. On verra ça lundi prochain.
Tu as repris de l’appétit, tu as moins de reflux et c’est redevenu un plaisir de te donner à manger. Avant, c’était un vrai calvaire. Aujourd’hui, c’est redevenu un moment agréable. Je pense que tu acceptes mieux parce que tu es content, détendu, et du coup on a enfin l’impression d’avoir repris les rails.
Avec le recul, quand on réfléchit à tout ce qu’il s’est passé, c’est finalement assez simple à comprendre.
Tu devais manger des plats très caloriques pour prendre du poids. Nous, on n’arrivait plus à te les donner correctement parce qu’on était épuisés, stressés, parfois tristes aussi, parce que la vie n’est pas facile tous les jours. Alors on avait fini par déléguer beaucoup de repas à ta nounou.
Elle a fait ce qu’elle a pu, sincèrement. Mais elle devait te forcer de plus en plus, faire du bruit, des distractions, des mouvements, des jeux, pour réussir à te mettre les cuillères dans la bouche. Et petit à petit, tu as fini complètement dégoûté.
Du coup, il a fallu accepter de revenir tout en arrière.
Accepter que tu allais peut-être perdre un peu de poids temporairement. Accepter de recommencer doucement. Et surtout remettre le plaisir avant les calories.
La consultante qui nous aide depuis la France, on a aussi reçu plein de petites indications toutes simples mais très utiles. Par exemple, ta chaise est suspendue et tu n’avais pas les pieds posés au sol. Elle nous a expliqué que pour certains enfants, le fait d’avoir un appui stable avec les pieds peut énormément aider pendant les repas. Alors on a bricolé un système pour que tu puisses poser tes pieds correctement.
Plein de petits détails comme ça qui, mis bout à bout, changent de choses au quotidien.
Et écoute… pour le moment, ça a l’air de fonctionner.
Deuxième point, le plus important : la respiration et les poumons.
Je pense qu’on touche à une sorte de plafond de verre.
Aujourd’hui, tu n’as plus besoin d’oxygène en permanence, mais on voit que tu galères. Tu fais de plus en plus d’efforts, tu cours à quatre pattes, tu commences à vouloir te lever, à explorer davantage… mais dès que tu te lances dans ces activités, tu es très essoufflé.
Dans ces cas la ta respiration siffle comme si tu avais de l’asthme. Tu as un fort tirage. Ton abdomen fait des allers-retours impressionnants, comme un bébé qui ferait une grosse bronchiolite… sauf que chez toi, c’est quasiment permanent.
Et je dois t’avouer que pour nous, tes parents, c’est extrêmement difficile à vivre.
Ça fait déjà un an qu’on se bat contre ça et parfois on se demande si ce sera comme ça toute ta vie. C’est une pensée atroce. Il y a des moments où on se dit simplement : “Pourquoi ?”
Et moi, avec mon cerveau rationnel, je remets tout en question parfois. Je cherche des causes partout. Je me demande quels choix j’ai faits. Parfois même je vais beaucoup trop loin dans mes réflexions et je me dis que si je n’étais pas né, alors toi non plus et tu n’aurais pas à vivre ça.
Et je ne parle pas de ta maman, mais je pense qu’elle fonctionne de la même manière. En vérité on n’évoque pas trop ces côtés sombres de nos pensées.
Mais la vérité, c’est que la vie est un chaos permanent. Et parfois, il n’y a pas de réponse logique…
C’est facile de dire qu’il faut accepter l’incertitude quand il s’agit de business, d’argent ou de projets. Mais quand ça touche la santé de son enfant, c’est une toute autre histoire. Parce que ça paraît profondément injuste.
Malgré tout, on continue d’avancer.
On essaye aussi de comprendre pourquoi, certains jours, tu sembles moins bien respirer.
Ta maman a énormément travaillé là-dessus ces derniers temps. Elle a parlé avec des kinés, assisté à des conférences, lu énormément de choses. Et aujourd’hui, ce qu’on comprend mieux, c’est que les atélectasies ne se traitent pas uniquement avec de la kinésithérapie.
La kiné aide, oui. Mais pour rouvrir les zones pulmonaires qui se ferment, il faut souvent utiliser ce qu’on appelle de la pression positive, c’est-à-dire envoyer de l’air sous pression dans les poumons pour essayer de les rouvrir.
Ensuite, la kiné, les exercices respiratoires et certains outils permettent de maintenir ces zones ouvertes dans le temps. Mais pour les ouvrir, il n’y a malheureusement pas trente-six solutions.
Du coup, on insiste davantage là-dessus.
On a récemment acheté une machine de high flow, principalement pour aider à faire circuler l’air et garder les poumons plus propres. Et surtout, on essaye désormais d’insister davantage avec la VNI.
Et justement… grande victoire : pour la première fois, on a réussi à te mettre la VNI en journée alors que tu étais réveillé.
Ça peut paraître banal pour certaines personnes, mais pour nous c’est énorme.
Jusqu’ici, ta maman devait te mettre le masque pendant que tu dormais, à la main, discrètement. Tu te réveillais souvent, tu pleurais et on finissait par l’enlever.
Je pense qu’en fait, tu avais appris que si tu pleurais, le masque disparaissait.
Alors cette fois, on a tenu bon quelques minutes malgré les pleurs. Et au bout d’un moment… tu as accepté. Tu t’es habitué.
Du coup, on va continuer dans cette direction. Toujours avec la même philosophie : essayer de remettre du plaisir, du calme et de la confiance dans quelque chose de difficile.
Parce que si tu acceptes mieux la VNI, alors on pourra peut-être aider davantage tes poumons et te donner toutes les chances possibles de récupérer un maximum.
En parallèle, on a aussi remarqué quelque chose d’étrange avec ta saturation pendant la nuit.
On utilise la chaussette Owlet pour surveiller ton oxygène. Parfois, elle affichait des chutes sous les 90 %, mais quand on regardait le résumé le matin, ces données n’apparaissaient jamais.
Alors évidemment… ton papa geek a commencé à creuser.
Grâce à mes outils d’intelligence artificielle, j’ai fini par recoder une application qui récupère directement les vraies données de la chaussette. Et là, on s’est rendu compte que tu fais effectivement parfois des désaturations pendant la nuit.
Maintenant, on peut récupérer énormément de statistiques précises. On essaye de tout croiser : les saturations, les périodes de sommeil, les symptômes, les séances de kiné, la VNI, les repas, les nuits compliquées…
L’objectif, c’est de transformer tout ça en vrai suivi médical intelligent avec des statistiques quotidiennes fiables qu’on pourra partager avec les médecins.
Et derrière, utiliser aussi l’intelligence artificielle pour essayer de détecter des liens ou des schémas qu’on ne verrait pas forcément à l’œil nu.
Et à côté de tout ça, tu restes un enfant incroyable.
J’adore parce que maintenant je peux te demander des bisous et tu arrives tout content avec ta petite bouche et tu me fais des énormes bisous tout baveux puis tu rigoles.
On commence à avoir de plus en plus d’intéractions, et tu commences a comprendre et communiquer davantage.
Ces petits moments merveilleux efface cette maladie omniprésente.
Pour finir, on va aussi parler du projet de ton papy.
Son défi sportif autour de ta maladie avance de plus en plus. Le site internet a été mis à jour, les réseaux sociaux Instagram et Facebook ont été créés et le projet prend doucement forme.
Le site, c’est :
Si certaines personnes veulent aller voir ou soutenir le projet, n’hésitez pas.
On recherche aussi des partenaires et des entreprises qui voudraient participer à l’aventure. On a déjà quelques grands groupes qui nous ont rejoints.
Toutes les informations sont disponibles sur le site.
Voilà mon fils.
C’est tout pour aujourd’hui.
Je t’aime ma petite patate.
Et tu es encore plus une petite patate maintenant que tu prends du poids !
Papa
15/05/2026
Bonjour fiston,
Quelques nouvelles de cette semaine.
Poids et nourriture
Lundi, tu avais de nouveau reperdu. Mais je pense que c’est temporaire. Tu manges beaucoup plus qu’avant, on est sur la bonne voie !
On a eu un nouveau rendez-vous avec la spécialiste de France. Elle nous a donné de nouveaux exercices, dont un encore difficile qui consiste à te masser les gencives pour te désensibiliser et t’aider dans ce sens.
Poumons
Respiration moins bonne ces derniers jours. Pas besoin d’oxygène, même si ta saturation tombe parfois à 88 pendant quelques minutes.
Plusieurs pistes : fin du Fluimucil et du Montelair suite au rendez-vous avec la pneumo, allergies, temps humide ?
D’après les kinés, rien d’anormal. Même si forcément, ça nous crée des petits stress de te voir essouffler.
On va commencer à te mettre une machine à haut flux qu’on a achetée le mois dernier, en plus de la VNI. Selon les kinés, c’est merveilleux et ça va t’aider à être moins fatigué en journée.
Au passage, les appareils chez Lumiar coûtent 10 fois moins cher que les appareils Philips si vous vivez au Brésil. Ça vaut le coup !
(C’est marrant, parfois je trouve que les kinés sont bien meilleurs que les pneumos. En même temps, ce sont eux qui sont sur le front chaque jour.)
Fête des mères
Dimanche, c’était la fête des mères. Pour la première fois, on l’a fêtée tous les 3.
L’année dernière, tu étais au plus mal.
On pensait aller à la plage, mais le temps n’était pas terrible, alors on est resté à la maison.
Tu as fait un dessin à ta maman, signé avec ta main trempée dans la gouache !
Notre-Dame de Fatima
Ta maman a participé à la procession de Notre-Dame de Fatima le 13. Elle a marché dans la rue avec la communauté religieuse du village.
C’était aussi le jour anniversaire de ton ECMO l’an dernier. Le genre d’anniversaire qu’on aimerait oublier, mais qu’on n’oublie pas.
Pour le contexte (je ne suis pas calé en religion, moi c’était club dorothée) : Notre-Dame de Fatima, c’est une apparition mariale qui a eu lieu le 13 mai 1917 au Portugal, à trois enfants bergers. Depuis, chaque 13 mai, des processions sont organisées au Portugal et dans tous les pays d’influence portugaise, le Brésil en tête. Notre-Dame de Fatima est une figure très associée aux prières pour la guérison et la protection des enfants.
Que cette date soit tombé le jour de ton ECMO, ça ne doit rien au hasard, la docteur en charge de toi misait dessus.
La vie
Hormis tout cela, tu es toujours un enfant super.
Tu fais des bisous, des câlins, tu adores maltraiter ton nouveau cactus qui répète ce que tu dis.
Pas grand-chose à dire de plus.
Comme on dit, pas de nouvelles, bonnes nouvelles !
Je t’aime ma petite patate.
Papa
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