Bonsoir fiston,
Il est 21h20 et je suis dans ta chambre, dans notre maison à Barrinha.
Ça fait bizarre d’être ici sans toi et ta maman.
Je suis arrivé ce soir pour amener déjà une fournée de nos affaires et l’organiser.
La maison est calme. Il n’y a pas le bruit du traffic de la ville.
Hier sur la route j’ai vu des magnifiques paysages. J’avais oublié que dehors c’était beau…
Ta maman a déjà organiser beaucoup de choses à distance ici. La maison n’est pas restée sans vie.
Dans une semaine normalement tu seras là, avec ta maman, et la maison va reprendre officiellement vie.
Il reste encore un peu de travail. Pas mal de nettoyage, de l’organisation, remettre les choses en place.
Rien d’impossible, mais je regarde autour de moi et j’essaie d’imaginer comment tout sera quand tu seras là. Ton lit, tes jouets, tes petits bruits dans la maison.
C’est étrange car je me sens pas totalement chez moi. Je suis un peu perdu.
Demain tu auras 11 mois.
Et pour la première fois depuis que tu es sorti de l’hôpital, je ne serai pas là quand tu vas te réveiller le matin. Ça me fait vraiment bizarre.
Cela fait quelques heures que je suis parti mais tu me manques déjà.
J’ai pris l’habitude de te voir tous les jours.
Ton petit câlin avant de dormir.
Et puis te voir le matin quand tu ouvres les yeux.
Là je suis dans la maison, et je suis tout seul.
Et ça me fait réaliser à quel point ta présence remplit tout.
Mais en même temps je sens qu’on est peut être en train de réussir quelque chose d’important.
On va essayer de rentrer ici pendant 30 jours. Un test.
Voir si ton corps s’adapte bien à la maison, à l’air d’ici, au rythme d’ici.
C’est beaucoup de travail pour un test, c’est vrai.
Mais si ça marche, je pense que notre vie sera meilleure.
Je pense que ta maman sera plus apaisée ici.
Je pense que toi tu respireras peut être mieux.
Et je pense que nous trois, on pourra enfin vivre un peu plus normalement.
Je t’avoue que j’ai un peu peur. La maison est un peu humide. C’est la saison des pluies ici.
Et avec toi j’ai appris que rien n’est jamais complètement sûr.
J’essaie aussi de me rappeler tout ce qu’on a déjà traversé.
Et quand je pense à ça, je me dis qu’on est capables de beaucoup.
En quittant la ville, il y a aussi moins de virus, moins de monde, moins de pollution.
Peut être que ton petit corps aura un peu plus de tranquillité ici.
J’aimerais tellement que ce soit le bon endroit pour toi.
Je t’aime ma petite patate.
Joyeux mois-versaire (probablement le premier sans ton papa si je n’arrive pas à rentrer pour ce soir)
Papa