Bonjour fiston,
Ça faisait longtemps que je ne t’avais pas écrit.
En ce moment, j’ai l’impression de courir après le temps.
Il y a mon travail, avec les sites internet, les clients et les projets qui s’enchaînent. Et puis il y a tout ce qu’on met en place autour du défi de Papy Robert, Les Cols du Souffle.
Je m’occupe de toute la communication, de l’organisation, des réseaux sociaux… et c’est un peu moins de temps que je peux consacrer ici, mais c’est tout aussi important !
De son côté, Papy Robert est lui aussi très occupé. Les médias commencent à s’intéresser à son aventure, les interviews s’enchaînent et son planning se remplit.
Je ne crois pas avoir les mots pour te dire à quel point ce qu’il s’apprête à faire est exceptionnel.
Peu de grands-pères parcourraient 19 cols et des centaines de kilomètres à vélo pour leur petit-fils.
J’espère qu’un jour, quand tu seras assez grand pour comprendre tout ça, tu réaliseras ce que cela représentait.
Parce que toi aussi, tu t’es déjà dépassé bien plus que la plupart des gens.
À seulement quelques semaines de vie, tu as affronté des épreuves que beaucoup d’adultes n’auront jamais à traverser. Et malgré tout, tu avances.
Papy nous montre, lui aussi, quelque chose d’important.
Que dans la vie, on peut choisir de ne pas rester spectateur. On peut agir, aider les autres, défendre une cause qui nous dépasse. J’espère que tu garderas toujours cette idée avec toi.
Je ne pourrai malheureusement pas être à ses côtés physiquement pendant toute son aventure, mais je vais essayer d’en garder le plus de souvenirs possible.
On fait tout ça pour toi, bien sûr. Mais aussi pour les enfants qui viendront après toi. Pour faire connaître la bronchiolite oblitérante, pour rencontrer les bonnes personnes et, petit à petit, faire avancer les choses.
Je suis persuadé que les grandes histoires commencent souvent comme ça. Une idée. Une rencontre. Une personne touchée par une autre.
Le quotidien
Mais au milieu de tout ça, la vie continue.
Tu continues la kinésithérapie respiratoire, la kinésithérapie motrice et tu vois aussi ton ergothérapeute.
Tu as dépassé les neuf kilos, et ça, c’est une sacrée victoire.
Ta maman est bien occupée elle aussi. Son travail lui apporte pas mal de soucis en ce moment. Malgré tout, on profite de chaque instant avec toi.
Je me dis souvent que j’ai une chance incroyable de pouvoir passer autant de temps à tes côtés.
Même quand je travaille, tu n’es jamais très loin.
Je t’entends jouer, chanter, rire. Tu viens souvent me regarder avec ton grand sourire, comme pour vérifier que je suis toujours là.
Ce sont des moments très simples, mais je sais déjà qu’ils feront partie des plus beaux souvenirs de ma vie.
Et puis tu progresses de semaine en semaine.
En ce moment, tu t’amuses à faire les bruits des animaux.
La vache, le chat… Bon, le lion ressemble encore beaucoup au chat, mais je kiffe.
Chaque petit progrès nous fait sourire.
Il y a quelques semaines, une maman nous a écrit.
Elle nous a expliqué que découvrir ton histoire l’avait aidée à traverser une période difficile avec son propre fils, lui aussi diagnostiqué.
En lisant son message, je me suis dit que toutes ces heures passées à écrire, à répondre aux messages, à publier des nouvelles ou à raconter ton histoire avaient finalement un sens.
Si ton parcours peut aider ne serait-ce qu’une seule famille à se sentir un peu moins seule, alors tout cela en vaut la peine.
À très vite.
Je t’aime, ma petite patate.
Papa.