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05/01/2025

Traduction / Translation / Tradução

Bonjour Fiston,

Aujourd’hui c’est papi Robert qui t’écrit :

« Coucou mon petit Gabriel,

Au moment où je t’écris ces mots, l’année 2025 est terminée depuis 2 h 38 en France.

Au Brésil, cette année 2025, année si difficile, se terminera dans 1 h 22.
J’espère de tout cœur que l’année 2026 sera pleine d’espoir pour toi, mon petit bonhomme, pour maman et papa.

Lors de notre voyage avec Mamie Michelle en mai 2025 pour te voir à Fortaleza, nous ne nous attendions absolument pas à ce que nous allions découvrir, et encore moins à tout ce que tu allais endurer pendant les quatre mois passés dans le service UTI de l’hôpital.
Nous venions te voir tous les jours de 16 h 30 à 17 h 30, une seule personne par jour. J’ai souvent laissé ma place à ta mamie.

Quand j’allais te voir, je te parlais de la vie en France, de tout ce que nous ferions ensemble dans quelques mois ou quelques années, quand tu irais mieux : aller à la neige faire des bonshommes de neige, nous rouler dans la neige, faire des batailles de boules de neige, et aussi du vélo, papi adore le vélo !
Nous irons aussi à Disneyland Paris !

Je te chantais des chansons… ça devait te faire rire, car papi chante comme une casserole.
Je t’ai aussi fait une promesse : aller à Lourdes pour y faire brûler un cierge.
Tu sais, papi ne croit pas vraiment à la religion, mais dans les moments difficiles, cela peut aider.
Je pense que tu es prédestiné à un grand avenir, car ton prénom, Gabriel, signifie « l’envoyé de Dieu ».
Tu seras peut-être le pape de l’Église catholique dans quelques décennies 😉 ?

Te voir si minuscule dans ce grand lit m’a profondément marqué.
Voir tous ces tuyaux sortir de ton petit corps est quelque chose qu’aucun bébé ne devrait avoir à supporter.
Et entendre les bip-bip des machines qui te maintenaient en vie était vraiment angoissant.

Ton papa et ta maman sont des parents extraordinaires.
Ils se sont battus comme des lions pour que tu aies les meilleurs soins.
Certaines portes de l’hôpital doivent se souvenir de papa.
Toi aussi, tu t’es battu comme un petit lion.
Tu as surpris tout le monde par ta résistance et surtout par ta volonté de vivre.
Tu es un véritable guerrier.

Nous sommes repartis en France le 1er juin, après 26 jours passés auprès de toi.
Nous avons continué à suivre ton évolution et nous sommes revenus du 15 au 28 décembre pour passer Noël avec toi, papa et maman.
Quel bonheur de te voir enfin en dehors de l’hôpital.

À notre arrivée, tu avais encore ta sonde gastrique, que tu portais depuis plusieurs mois, ainsi que le tuyau d’oxygène.
Pendant notre séjour, avec Mamie, nous venions te voir tous les jours.
Nous prenions un Uber et essayions de parler portugais avec le chauffeur.

Tu nous as offert de grands sourires. Tu es adorable, et surtout, tu es très très beau.
On te parlait en français, tu nous regardais étonné, puis d’un coup tu nous faisais un immense sourire.

Le 25 décembre, le Père Noël est venu te rendre visite. Avec sa barbe et sa cloche, tu as eu un peu peur et tu as pleuré. Il t’a apporté plein de cadeaux, dont un que tu adores particulièrement : Zébulon.

Nous sommes aussi allés à l’océan. Papa t’a fait tremper les pieds dans l’eau, et tu semblais adorer ça.
Tu as aussi pris du sable dans tes mains.

Pendant notre séjour, la sonde gastrique que tu avais depuis des mois a été retirée suite à une obstruction du tuyau.
Maintenant, tu manges à la cuillère, et parfois tu prends même la cuillère des mains de la personne qui te nourrit, parce que tu dois trouver que ça n’avance pas assez vite.
Papi a fait sept pharmacies pour trouver la même cuillère afin de te donner de l’eau, car tu n’aimes pas trop ça. Papa étant originaire du Beaujolais, cela explique peut-être certaines choses… (je plaisante 😄).

Ce Noël fut simple, mais ô combien agréable d’être tous ensemble.
Ce moment restera gravé dans nos mémoires comme un merveilleux souvenir.
Il y en aura beaucoup d’autres, et j’espère qu’un jour tu viendras en France pour Noël.
Papi décorera la maison avec toi, avec des guirlandes et plein d’autres décorations.

Dans neuf minutes, tu passeras à l’année 2026.
Il est 4 h du matin en France et minuit au Brésil.
Sur les plages de Rio de Janeiro, les Cariocas et les touristes font la fête, loin de s’imaginer que des enfants comme toi ou d’autres se battent pour vivre, en regardant les feux d’artifice, tout comme à Fortaleza.

J’espère que tu ne seras pas réveillé par le bruit.
Je viens de recevoir le message « Feliz Ano Novo » de ta maman et de ton papa.
Je vais te laisser, mon petit bonhomme.
Je t’aime énormément ❤️, je te fais plein de bisous 😘 et te dis à très bientôt, à Barinnhas, dans la maison de papa et maman.

Papi Robert »

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