Bonjour Fiston,
Je vais revenir sur ce que j’ai écrit hier, parce que j’ai reçu des réactions à ce propos.
J’ai parlé du fait que plus tard, on irait soit en France, soit à la maison vers Prea. Et certains m’ont dit surtout de ne pas retourner en France. C’est drôle, parce qu’on pourrait croire que l’avis général irait dans l’autre sens.
Il faut être clair. On n’ira pas en France maintenant. Premièrement car je n’ai plus aucun droit la bas. Tout sera rouvert en 2026. Mais surtout car la saison des virus est à son maximum. Avant-hier encore, j’ai appris qu’un bébé venait d’être intubé à Paris à cause d’une bronchiolite. Je doute que ce soit un cas isolé. Le climat français, surtout en hiver, est un cauchemar pour les maladies respiratoires. Et je ne parle même pas de l’état actuel des hôpitaux. La France n’a plus rien à voir avec la France d’avant. Mais les hopitaux publics restent quand même meilleurs que les publics du Brésil, surtout niveau higiène.
Revenir à la maison (à Prea) serait probablement idéal pour tes deux premières années. On serait en pleine nature, sans foule, sans pollution, sans virus qui circulent partout. Et avec de l’espace pour profiter de l’extérieur et recevoir aussi la famille.
Parce qu’en effet, à Fortaleza, chaque semaine, on entends des enfants qui prennent des virus.
La fille de nos amis était à l’hôpital à cause d’une grippe influenza. Hier, c’est la fille de ta nounou qui y est allée pour de la fièvre. Ici en ville, les virus se baladent partout. Donc oui, il faut qu’on s’éloigne de tout ça dès que possible. Sans compter que d’ici quelques mois cela va être la saison des bronchiolites et tous ses amis virus, et que tu as quand même réussi à prendre le pied main bouche sans sortir de chez toi, alors qu’on a un protocole strict.
Il peut y avoir aussi des solutions intermédiaires entre la campagne et pas trop loin de la ville.
En fait tout est envisageable. Mais logiquement, la maison sembe le mieux sur le papier si ton état suit cette amélioration.
Le problème aujourd’hui, c’est qu’on dépend encore énormément de tes soins. On espère que tu continues sur ta lancée actuelle pour réduire progressivement ce rythme infernal. Moins de soins veut dire plus de liberté. Et plus de liberté veut dire pouvoir quitter la ville.
En parallèle, on suit un plan très précis pour l’assurance santé. Je ne peux pas détailler ici tout ce qu’on fait, mais je peux te dire une chose. On ne reste pas les bras croisés. Il y a une stratégie. On avance. Et si ça marche, cela va nous enlever une grosse épine du pied !
Pour ta journée d’hier, tu as été plutôt stable. On t’a donné une seule fois le traitement d’urgence parce que ta respiration était mauvaise. Ton tirage est toujours fort, mais on sait que ça restera comme ça au moins deux ans. Le temps que ton petit corps se muscle, que ton abdomen se renforce après tout ce que tu as vécu.
Côté repas, hier deux sur trois, c’est très bien. Tu n’as pas voulu le dernier, ce n’est pas grave. Pas trop de reflux non plus d’après ce que j’ai vu, même si je n’étais pas avec toi toute la journée.
Côté moteur, tu fais des progrès sensationnels.
Tu restes en retard, c’est vrai, mais même si nous n’avons pas encore pu faire tous les examens, tout laisse penser que ton cerveau fonctionne très bien. Et vu tout ce que tu as traversé (dont l’ECMO), c’est presque un miracle.
Bravo mon super héros !
Je t’aime
Papa.