08h45
Une nouvelle semaine commence ici, une de plus où Gabriel dit un grand OUI à la vie !
La nuit s’est passée tout en douceur aux côtés de sa maman, avec une saturation toujours au-dessus de 98 %.
Ce matin, à 6h, il plafonnait même à 100 % pendant de longues périodes.
C’est MAGNIFIQUEEE, comme dirait la très expressive brésilienne Cristina Cordula !
La machine respiratoire est actuellement réglée à 40 %, avec une fréquence de 28 respirations par minute.
On ne sait pas encore quand Gabriel pourra s’en passer… mais croyez-moi, le jour où ça arrivera, ça sera la fiesta !
Merci à tous les francophones qui m’ont souhaité une bonne fête des pères hier. On a rien fêter ici car au Brésil, on la célèbre le 10 août. Ce qui m’arrange bien et j’espère, laissera le temps à Gabriel de sortir de l’UTI pour qu’on puisse enfin se faire un énorme câlin à 3 !
Vie quotidienne à Bacterialand
À part ça, dans notre quotidien à “Bacterialand”, j’ai l’impression que le personnel de l’UTI prend enfin plus de précautions.
Ce matin, j’ai exterminé une mouche dans le couloir de l’UTI avec ma tong Havaianas (efficace, propre, net, je vais proposer mes talents d’influenceur à la marque). Deux fourmis aussi ont fini leur course sur le mur, juste à côté du lit de Gabriel.
Des nouvelles un peu plus perso
Nos deux chats, Pompom et Manuelita, ont trouvé des familles d’accueil temporaires. C’est un énorme soulagement pour nous.
Quant à notre maison à Barrinha, elle est à louer ! avis aux amateurs de vacances à la plage ! 😉
Et beaucoup me demandent si on continue à travailler pendant cette période. La réponse est oui… mais différemment avec moins de temps et en fonction des vibes émotionnelles comme vous pouvez l’imaginer.
Manuela continue de gérer ses locations à distance, et de mon côté, je poursuis la création de sites web et l’accompagnement de mes élèves en formation. L’avantage de pouvoir travailler en ligne, même depuis le couloir de l’UTI.
Je vous partage ci-dessous un message écrit par Manuela sur Facebook :
Rêveries d’une mère
Il n’y a pas de place pour la pitié… ni pour regarder la douleur… ni pour en vouloir à l’Univers.
Quand je sens que ces sentiments essaient de s’approcher, je ferme moi-même la porte avant qu’ils n’entrent.
Il a été dans mon ventre pendant neuf mois. Je l’ai senti en moi pendant 24 heures d’affilée avant sa venue au monde.
J’ai toute légitimité pour parler.
Mon mari a déjà trouvé sa manière de faire face à tout cela, il se libère en écrivant. Moi, au contraire, je n’écris plus comme avant. Je ne regarde pas de photos, ni de vidéos de Gabriel. J’évite aussi d’en parler trop longtemps… car je sais que si j’ouvre cette porte, je risque d’entrer dans un tunnel sombre dont je ne pourrais peut-être pas ressortir.
Gabriel n’a pas besoin de ça.
Il a besoin de soutien. De prières. Il est la vie qu’il a choisi de vivre.
Et chaque jour, il affronte une épreuve… et il la surmonte avec une dignité que lui seul possède.
Je me sens petite à ses côtés…
Petite pour avoir tant de fois râlé contre la vie… à cause de problèmes juridiques, d’une facture à payer…
Petite pour ne pas avoir pleinement vécu ma vie, bien souvent.
Pendant ce temps, Gabriel, avec une maîtrise inexplicable, esquive les bactéries…
Alors qu’un autre enfant s’en va, lui, il reste…
Et j’en suis certaine : vos prières et toute cette chaîne d’énergie positive lui donnent de la force.
Aucune mère… aucun père… n’imagine que les premiers mois de vie de son enfant se passeront dans un lit d’hôpital.
Si on ne voyait que cet aspect, on resterait prisonnier de la douleur de ce que l’on n’a pas eu.
Moi, je choisis de regarder vers l’avenir.
Vers les nombreuses années merveilleuses que nous allons encore vivre ensemble.
Et vers une vie de qualité, pleine de sens, pleine d’amour.
Si vous souhaitez envoyer votre prière, votre force et tout votre amour pour la guérison à 100 % de Gabriel, nous nous réunissons chaque jour à 9h (heure du Brésil) — 14h (heure de France) — dans une chaîne de prière.
Ceux qui le souhaitent peuvent même mettre une alarme… et ainsi ce sera… jusqu’au jour où il sortira de l’hôpital.
17h54
Gabriel continue d’aller bien.
Journée stable pour lui : les résultats sanguins s’améliorent et ses poumons restent stables.
La pulsothérapie est prévue pour ce vendredi, si tout va bien.
Ce traitement va temporairement désactiver son système immunitaire, ce qui le rend vulnérable. Nous avons donc demandé à ce qu’il soit placé en isolement si possible (parce que bacterialand..)
Aujourd’hui encore, nous avons dû signaler la présence de fourmis sur le mur, juste à côté de lui.
D’autres parents expriment leur ras-le-bol. On entend désormais des “ALERTE MOUCHE !” retentir dans l’UTI. C’est triste mais c’est tellement absurde que cela en devient presque drole !
Par ailleurs, j’ai été appelé par la direction à propos de mes deux réclamations de la semaine dernière, ainsi que de la lettre ouverte distribuée au personnel.
L’échange a été constructif. Ils cherchent à améliorer les choses. J’ai rappelé que nous avions déjà signalé ces problèmes par le passé, et que malgré cela, nous avons dû les dénoncer à nouveau.
Ils nous ont proposé une solution plus radicale, que je ne détaillerai pas ici pour le moment. À voir si elle porte ses fruits…
A demain pour des nouvelles aventures !
Et on oublie pas d’envoyer de l’amour à notre filho !