Dernier article publié :

29/12/2025

Traduction / Translation / Tradução

Bonjour ma petite patate,

Je viens de laisser papi Robert et mamie Michelle.
Ils repartent pour la France.

Je t’avoue que je suis mélancolique.
Nous avons passé de très bons moments ensemble.
Et de nouveau, on se retrouve seuls.
Moi encore davantage.

Je ne vais pas me plaindre.
C’est mon choix.
J’ai décidé de partir vivre à l’étranger.
Cela faisait partie du package auquel j’ai signé.

Mais tu verras, dans la vie, ce n’est jamais facile de dire au revoir.
Surtout quand tu sais que tu n’es pas libre de revoir les personnes que tu aimes quand tu veux.

Le truc, c’est que j’ai passé mes dix dernières années à tout faire pour avoir une vie libre.
En me disant que, peu importe ce qu’il arrive, je suis à moins d’une journée de distance.
Et aujourd’hui, je suis coincé.

Ce n’est pas à cause de toi.
Un enfant n’empêche pas de voyager.
Mais ta maladie réduit fortement notre champ d’action.
Et celle-ci aurait pu être évitée si tout le monde avait fait son travail correctement…

Malgré tout, je pense que c’est temporaire.
Je vois ton évolution. Je vois que ça s’améliore.
Je me dis même qu’on pourrait prendre l’avion demain.
Techniquement, ce serait possible.

La vraie question, c’est pour faire quoi ?
Aller en France aussi ?

D’après ce que j’ai appris en parlant avec l’administration française et les organismes de soins, rentrer en France aujourd’hui serait compliqué.
On devrait vivre dans une grande ville pour espérer avoir des soins à domicile.
J’ai déjà passé de nombreux appels. La majorité des kinés ne souhaitent pas bouger de leur cabinet.

Alors être enfermés dans un appartement, dans l’incapacité de sortir parce qu’il fait froid et qu’il y a des virus partout…. NON.

Même si notre situation actuelle coûte très cher, au moins on a un balcon, du soleil, et tout ce qu’il faut pour te soigner ici sans prendre trop de risques.
Les équipes que l’on a trouvées sont compétentes, même excellentes.
Et ce n’est qu’une question de mois avant qu’on puisse rentrer dans notre maison.

Je ne veux pas prendre le risque d’aller en France uniquement pour être “proche” de ma famille.
Et puis tu as aussi ta famille Brésilienne ici, même si c’est également difficile de se voir.

Peut-être qu’à long terme on ira, oui.
Mais pas à court terme. Cela n’en vaut pas la peine.

Et oui, c’est difficile d’être loin de ses proches.
De vivre dans un endroit où la majorité des gens voient la vie à travers un spectre différent du tien.
Mais je pense qu’à l’heure actuelle, c’est le mieux pour toi.

Un jour, si tout va bien, tu auras peut-être toi aussi l’opportunité de voyager, de choisir ta vie.
Au fond, notre rôle, avec ta maman, c’est de te donner les clés pour que tu réussisses la tienne.
Pas que tu passes ta vie avec nous.
Justement l’inverse.

Le but, c’est qu’un jour tu trouves ton rôle, ta mission de vie, et que tu la remplisses du mieux possible.
Que tu apportes de la valeur au monde.
Ton succès, au sens large, viendra de là.

Dans ce périple, peut-être que tu ne seras pas tout le temps avec nous.
Et on ne t’en voudra jamais pour ça.
Ce n’est pas le but.
Tu ne nous devras rien.

Et j’espère que tu pourras voyager dans le monde entier pour t’ouvrir l’esprit, voir la vie et le monde sous différents spectres, et pouvoir ensuite choisir comment tu veux les regarder, sans contrainte ni influence extérieure.

Mais tout ça n’empêche pas que c’est dur.
Dire au revoir.
Être loin des proches.

Malgré tout, on a eu énormément de chance.
Ces deux dernières semaines ont été précieuses.
Il s’est passé beaucoup de choses positives.

Tu n’as plus ta sonde.
On a passé un beau Noël.
On est allés à la plage.

Ils t’ont vu jouer, prendre ton bain, rire, vivre.
Cette fois, il n’y a pas eu de drame.
Et c’est tout ce que l’on voulait.

Je suis heureux qu’ils aient pu vivre tout ça avec nous.

Je veux leur dire merci du fond du cœur pour tout ce qu’ils ont fait pour nous.
Merci pour leur présence, leur amour, leur aide.

Je les aime profondément.

Et toi aussi, fiston.

Papa.

Les contenus publiés sur ce site relèvent du témoignage personnel et de l’expression d’un vécu à un moment donné. Ils n’ont pas vocation à accuser, juger, ou généraliser des situations, des personnes ou des structures.

Rejoignez la tribu de soutien pour Gabriel