Dernier article publié :

04/12/2025

Traduction / Translation / Tradução

Bonjour Fiston.

Hier encore, une journée chargée en émotions.

À 4h du matin, j’ai appris que la personne qui nous aide le jour ne viendrait pas, encore malade.
Cela va faire une semaine et même si on adore s’occuper de toi, ça nous met sur les rotules.

À 5h, j’ai reçu la réponse de l’organisme qui gère notre conflit avec l’assurance. Une réponse qui lui donne raison.
En résumé, l’ANS, médiateur, nous dit que l’assurance est dans ses droits.
Elle t’a classé en Homecare, et non en hospitalisation à domicile quand tu es sorti de l’hopital.
Et dans la loi brésilienne, le homecare n’est pas une obligation de prise en charge.
Même quand des spécialistes (pneumo, neuro… et 10 autres) attestent de risques importants dont risque de mort. Et bien … Ils s’en foutent !

Bravo, le système de santé brésilien !

Mon premier sentiment… je ne vais pas le décrire tellement il était violent.

Puis j’ai réfléchi.
Et je me suis demandé : quelles sont mes valeurs ?

Je suis né dans un pays où la santé est gérée par l’État. On paye presque 50%  d’impôts. Le système se casse la gueule, mais malgré tout on ne laisse pas les gens agoniser sans soins.

Pour moi c’est du bon sens, mais c’est juste le moule dans le quel je suis né. Le bon sens c’est très subjectif et fortement influencé par le contexte dans lequel on grandit.

J’ai choisi de m’installer dans un autre pays.
J’ai choisi une assurance locale, la plus vendue du pays en gage de sécurité.
J’ai choisi de faire confiance aux lois du pays.
J’ai choisi de payer mes impôts ici.
Et ce pays, et ces entreprises, me la mettent à l’envers.

Alors je vais faire ce que j’enseigne.
Assumer mes responsabilités. Nous mettre à l’abri. Me battre. Et gagner notre liberté.
Je ne vais pas attendre que quelqu’un d’autre le fasse pour nous.

Ma plus grande erreur n’a pas été de m’installer au Brésil.
Ma plus grande erreur a été de ne pas prendre une assurance internationale, basée sur des règles internationales.

À la place, j’ai fait confiance à une assurance locale qui possède toute la chaîne : assurance, imagerie, laboratoires, ambulances, homecare.
Une entreprise qui concentre tout, dans un pays où les lois ne protègent pas les patients.
(voir supporte ceux qui les paye)

Évidemment que ça se termine comme ça.
C’est le côté pourri du capitalisme.
Celui qui permet aux dirigeants d’être listé dans Forbes pendant que des familles se battent pour respirer.

Je n’ai rien contre gagner de l’argent. Je suis entrepreneur et j’en gagne moi-même.
Mais jamais je ne comprendrai qu’on puisse le faire sur le dos de la santé de patients, d’enfants et encore moins de mon fils.

Et je me battrai jusqu’à ma dernière seconde s’il le faut !

Avec ma culture française, j’ai du mal à comprendre pourquoi les gens ici ne se révoltent pas.
On se bat pour de la drogue, mais pas pour des droits fondamentaux.
Mystère de la vie ?!

Mais c’est pas grave, de notre côté on va continuer à dérouler le plan.

Bon, revenons à toi, fiston.

Tu tousses de plus en plus.
On a dû recommencer les traitements d’urgence, comme à l’hôpital.
Et on flippe que ce pied-main-bouche étrange que tu as attrapé vire en un truc pas génial pour tes poumons.

La bonne nouvelle, c’est que tu réagis très bien à ces traitements et ont dirait ensuite que tu n’as jamais été malade tellement ta respiration est clean. Ce qui nous mets dans le doute.
On ne sait pas si tu as plus de reflux et cela créé des bronchiospasmes, ou si c’est ce genre d’état grippal qui a irrité tout le système ? Idem on continue à dérouler le plan en espérant que ça s’améliore.

Je t’aime

Papa

Les contenus publiés sur ce site relèvent du témoignage personnel et de l’expression d’un vécu à un moment donné. Ils n’ont pas vocation à accuser, juger, ou généraliser des situations, des personnes ou des structures.

Rejoignez la tribu de soutien pour Gabriel